Ligne d’arrivée franchie !

Samedi 16 Août, quel bonheur de voir les contours du Mont St Michel se dessiner, une fois le village de Pontaubault dépassé. Nous nous joignons au pique-nique de la famille «Bentrider Fameuhly» qui revient d’un tour d’Europe en trike (fameux vélo couchés à 3 roues). Maël passe l’après-midi à rouler sur l’un d’eux le long du barrage avec en fond le Mont St Michel qui se rempli et désempli au rythme effréné des navettes qui déposent les touristes.
En quittant ce rdv de cyclo-randonneurs, nous réalisons également que nous arrivons à la frontière Bretonne, comme Maël l’a précisé dans son cahier de bord!
L’eurovélo 4 ainsi que le Tour de la Manche, sont autant de choix pour suivre un de ces itinéraires cyclables qui longent la baie du Mont St-Michel jusqu’à la côte d’émeraude.
Le 17 août, nous avons le plaisir d’être accueilli par nos dernières hôtes WarmShowers (Tara le prononce “One cho heure»). Erwan, Marie, et les enfants, Jean, Antoine et Léon nous ouvrent les portes de leur chaleureuse maison pour une soirée galette/crêpe. Les enfants s’entendent à merveille, et disparaissent le temps d’une soirée: ils se déguisent, mettent de la musique, explorent le jardin, jouent dans la cabane en paille qui est en construction… pendant ce temps les parents papotent sur les voyages, l’école à la maison, l’éco-construction, l’habitat partagé. Plein de sujets qui nous trottaient dans la tête et que nos hôtes ont déjà mûri ou expérimenté.
Lundi 18, après une averse, Erwan et sa famille nous accompagnent à vélo jusqu’à Saint Malo via les petits chemins de campagne. A la pause déjeuner, un tracteur retourne la terre d’un champ de patate où nous pique-niquons et les enfants en profitent pour glaner des pommes de terre qui se découvrent. Nous dormons le soir au camping municipal de St-Malo, il y a beaucoup de vent, mais la côte est de toute beauté.
Papi et Mamie nous appellent maintenant tous les soirs, c’est un peu comme avoir un phare, un PC (poste de commandement) de course, où on y parle de météo, de ligne d’arrivée, et de l’après voyage…les enfants ont hâte d’arriver et ils rêvent de passer du temps avec leurs grands-parents, tonton et tatas. Nous hissons donc les voiles (façon de parler), et mettons le cap plein Ouest, le vent dans le pif, mais dans l’idée d’en découdre et de franchir avant la fin de la semaine, la ligne d’arrivée.
Mardi 19, nous prenons le temps de suivre les traces de Jacques Cartier, en découvrant la Cathédrale de St-Malo où repose une plaque dédiée à notre cher navigateur qui découvrit le Canada en 1535, après une dernière bénédiction dans ce lieu. Comme les plus grands navigateurs, nous prenons la mer avec notre chargement sur un petit bateau mais pour rejoindre seulement Dinard, se résumant à 10 mins de bateau !
A Matignon, Jacques, un fermier nous permet de planter la tente dans son champs. Sa mère nous offre même le cidre fait-maison pour accompagner notre repas du soir, et fêter notre arrivée dans le département des Côtes d’Armor.
Le lendemain, nous suivons les petites routes pour nous rapprocher de St-Brieuc, c’est encore une journée vallonnée, et nous sommes ravis de pouvoir installer notre tente, à côté d’une ferme (éleveur de viande Charolaise) à Andel.
Jeudi 21, peu après avoir entamé notre avant-dernière journée de cyclo-voyageur, nous rencontrons dans la Baie de St-Brieuc, Alex, Fanny et leur petite Montaine («des voyageurs comme nous» dit Maël), et roulons ensemble une bonne partie de la journée, c’est agréable d’être accompagné, comme poussé vers la ligne d’arrivée.
Et que dire de notre dernière soirée à Plourhan, chez des cousins qui spontanément nous accueillent à la dernière minute: une dernière douche chaude, des galettes Bretonnes, et une soirée pour démystifier le voyage à vélo, et se remémorer toutes ses belles rencontres et kilomètres parcourus.
Vendredi 22, un peu moins de 20 kms nous séparent de la  Chapelle de Kermaria, là où nous attendent les grands-parents, Amélie, la soeur de Kristell fraîchement arrivée du Québec pour les vacances, les cousines qui viennent passer du bon temps dans la maison de famille d’Yvias, et même Loïc et Pamela, les artistes acrobates qui viennent tout juste de faire un spectacle à Erquy.
Ils sont tous là, grand sourire aux lèvres, cris et même en larmes pour accueillir les Cyclofrogs. Les drapeaux flottant sur la carriole, l’explosion de joie est au rendez-vous!
Après un pique-nique salvateur, c’est en équipe que nous terminons ce tour d’Europe en franchissant la ligne d’arrivée après 6000 kms au compteur devant la maison du Min Gwen à Yvias, avec à la clé, banderole et champagne.
Nous posons nos sacoches et réalisons que c’est la fin de 6 mois d’aventures. Un goût de trop peu et beaucoup à la fois, il est maintenant temps de penser au futur, à 2 roues ou autrement, l’avenir nous le dira.

Douce France, cher pays de mon enfance!

Voilà, ce dimanche 10 Août, on y est, après 5 mois et 10 jours, nous rentrons dans notre pays par le département du nord via Halluin, accueilli par un rideau de pluie (comme dans le film, les ch’ti !).
Le retour est radical, c’est étrange de comprendre toutes les conversations autour de soi sans avoir à tendre l’oreille mais nous sommes contents d’être là après avoir atteint notre objectif. (la barre des 5000 kms a été dépassées aux Pays-Bas, le 27 juillet). Toutes les personnes que nous rencontrons sont accueillantes et impressionnées par le périple qu’ils entendent.
Arrivés à Lille le même jour, nous sommes accueillis par Grégoire (papa de 9 enfants, et frère de nos hôtes de Vincenza!) qui nous fait une visite guidée du centre ville. La Bretagne est encore loin et il nous faut prendre le train pour Caen.
Nous voilà depuis 4 jours sur les routes et voies vertes de la Suisse Normande pour arriver ce soir dans le camping municipal de Ducey.
Demain (le 16/08), en fin de matinée, nous serons au Mont Saint Michel pour rencontrer la Bentrider family qui revient d’un an de voyage (en Trike, Vélo couché à 3 roues) puis ce sera direction St Malo, Dinard, St Brieuc et notre cher petit village d’Yvias (à côté de Paimpol) où nous comptons arriver le samedi 23 Août (ou le dimanche 24), soit dans 8 ou 9 petits jours.

Si vous avez un peu de temps, vous pouvez nous rejoindre pour rouler les derniers kms ensemble sinon au plaisir de vous revoir tous bientôt.

Retrouvailles avec copains et vélos pendant 10 jours…

Voyager à vélo est un must au Pays-Bas. Tout est fait pour:  les pistes, les réparateurs, les magasins de vélo… D’ailleurs si vous n’êtes pas à vélo, vous faites bof!
Ici le vélo, c’est plus que tendance, c’est carrément naturel, et si en plus vous rajoutez des fleurs, une caissette pour les courses et que votre guidon est positionné bien haut, alors là vous êtes hyper-branchés.
Le vélo se fait à tout âge, entre le porte bébé à l’avant du vélo pour les plus jeunes , les draisiennes pour les petits bouts, les sacoches “class” pour les business men, les vélos électriques pour les 50ans et + … bref, chacun y trouve son compte.

Les pistes sont bien aménagées le long des routes et tous les petits chemins sont en asphalte avec une signalisation impeccable. Le système de repérage par balise est tellement intuitif que vous n’avez pas besoin de cartes pour circuler et les enfants captent rapidement ce mode de déplacement et se repèrent tout seul.
Moral de l’histoire: si vous souhaitez débuter dans le voyage à vélo itinérant avec des petits bouts ou à tout âge, ce pays est l’idéal! De plus,  le camping y est roi, il y en a partout. En revanche pour les bivouacs, c’est plus dur de trouver un petit coin à l’abri des regards.

Après avoir quitté Amsterdam le 29/07, nous avons roulé pendant 10 jours avec nos amis de Garbejaire. Nous voilà donc partis à 12 (6 adultes et 6 enfants entre 3 et 8 ans) sur les pistes cyclables des régions de la Hollande-Méridionale et de la Zélande en direction de la Belgique. C’est une autre dimension de voyager en groupe, entre la gestion des courses, les douches, les directions à prendre, choisir les endroits où dormir, mais l’entente a été parfaite. Les enfants ont passé beaucoup de temps à jouer ensemble. Durant l’une des pauses déjeuner, ils ont pu tester une pêche aux crabes version Hollandaise qui fonctionnent à coup sûr, sur les étrilles de la mer du Nord. La recette : Fabriquez une canne à pêche de fortune avec un bâton, un bout de ficelle et une pince à linge, glissez un morceau de lardon au bout de la pince à linge et préparez votre seau à marée haute, c’est une pêche miraculeuse…

Durant la journée, on adore écouter les multiples histoires qu’ils inventent et les nombreuses chansons qu’ils fredonnent pour passer le temps à vélo. Froggy en profite pour rouler avec chacun d’eux. Plus besoin non plus de pousser Maël pour avancer, il faut plutôt le freiner pour laisser la 1ère place.

Le soir quand toute la marmaille est couchée, on peut se remémorer les journées passées, les anecdotes du voyage, les rencontres formidables mais aussi envisager le retour qui approche.
Les paysages défilent avec les nombreux champs d’éoliennes, les maisons de briques et les flots de touristes qui se retrouvent sur les plages. Certains campings sont remplis à bloc, laissant peu d’espace entre les tentes, en revanche nous apprécions tous les petits campings à la ferme (SVR) entre les animaux et les nombreux jeux dédiés aux enfants. D’ailleurs dès que nous mettons nos roues dans le camping, ils disparaissent immédiatement au terrain de jeux!

Sur l’île où se trouve Middleburg, nous sentons que la Belgique se fait plus présente avec de nombreux francophones en vacances et les soirées frites organisées dans les campings.

Le 08/08, il est temps de dire au-revoir aux copains qui prennent la direction de Bruges et pour nous de rouler vers Lille. Les aux-revoirs se font sans difficultés car nous allons bientôt rejoindre papi et mamie et les tontons et tatas en Bretagne. Les aventures continuent pour découvrir notre dernier pays avant la France: La Belgique, enfin uniquement la province de Flandre occidentale…

 

La Belgique: 2 jours court mais intense!

La Belgique ne devait être juste qu’un passage vers la France mais voilà le lot de surprises et de rencontres continuent.
Dans ce pays à moitié francophone, les campings sont introuvables à l’intérieur des terres alors nous en profitons pour aller à la rencontre des habitants.
Un gros orage arrive, vite il faut trouver un abri pour se protéger, une fermière nous laisse nous abriter sous sa grange avant de repartir voilà qu’elle nous glisse deux gaufres dans nos sacoches.
A 18h30, il est temps de trouver une place pour planter la tente, une fois l’orage passé, la fermière nous indique des places pour mobil-home devant une église, puis une deuxième personne, nous indique le même endroit, quelque chose doit vraiment nous attendre la bas. Mais arrivé sur place, il s’avère que ce sont que des places de parking pour camping-car. John et Maël partent demander dans un café si il n’y a pas un pré proche du village. Une famille et leurs amis fêtent un anniversaire et nous proposent de camper dans leur jardin. Après avoir bu notre 1ère bière belge, nous prenons la direction de leur maison pour installer la tente. Les amis sont également invités, chacun emmène un plat, et au menu, nous avons la chance de gouter aux frites maisons et bien sûr des moules au plus grand plaisir de Maël qui en rêvait depuis le 1er jour du voyage.
Geest, notre hôte, nous fabrique même une pièce sur mesure pour le follow-me qui avait rendu l’âme, c’était inespéré !
Le lendemain, nous prenons la direction de Lille, le long de la Lys.